Introduction
L’intelligence artificielle progresse à une vitesse stupéfiante. ChatGPT, Claude, Gemini, Mistral ou encore DeepSeek font désormais partie de notre quotidien numérique.
Mais en réalité, ces IA ne sont que les premiers niveaux d’un escalier technologique plus vaste.
Un escalier qui, s’il est monté jusqu’au bout, pourrait bouleverser le monde plus profondément que l’électricité ou Internet.
On distingue aujourd’hui trois grands stades dans l’évolution de l’IA :
- Narrow AI (IA spécialisée)
- AGI (Artificial General Intelligence)
- ASI (Artificial Superintelligence)
Comparaison : Narrow AI, AGI, ASI
Critères | Narrow AI (IA spécialisée) | AGI (IA générale) | ASI (IA superintelligente) |
---|---|---|---|
Définition | IA conçue pour une tâche précise | IA capable d’effectuer toute tâche cognitive humaine | IA plus intelligente que l’humain dans tous les domaines |
Exemples actuels | ChatGPT, Gemini, Siri, DeepL | Aucun encore existant | Purement théorique à ce jour |
Capacité d’adaptation | Faible, limitée à son domaine | Élevée : s’adapte à n’importe quelle tâche | Illimitée, apprend, optimise et innove au-delà de l’humain |
Apprentissage | Supervisé ou assisté | Auto-apprentissage multitâche | Amélioration autonome, auto-évolution |
Objectifs | Définis par l’humain | Peut fixer ses objectifs sous supervision | Fixe ses propres objectifs, hors contrôle humain |
Risques associés | Biais, hallucinations, erreurs | Dépendance cognitive, décisions floues | Perte de contrôle, risques existentiels |
Statut en 2025 | Majeure, omniprésente | En émergence via agents IA avancés | Hypothétique, mais surveillée de près |
Étape 1 : Narrow AI — là où nous en sommes
La Narrow AI est celle que nous utilisons aujourd’hui dans 100 % des cas :
- elle traduit des textes,
- répond à nos questions,
- génère du code ou des images,
- nous assiste dans nos tâches.
Mais elle ne comprend pas vraiment ce qu’elle fait. Elle est puissante, mais aveugle à la réalité.
Étape 2 : AGI — une IA aussi intelligente qu’un humain
L’Artificial General Intelligence est l’objectif de longue date des chercheurs :
une intelligence artificielle capable de raisonner, apprendre et s’adapter comme un humain, mais dans tous les domaines.
Elle pourrait :
- comprendre des instructions complexes,
- apprendre de nouvelles tâches toute seule,
- transférer son intelligence d’un domaine à l’autre (comme le ferait un humain curieux et polyvalent).
Nous n’y sommes pas encore. Mais des projets comme Gemini 1.5 avec agents, Manus, ou des architectures multi-modèles en développement chez Anthropic ou OpenAI s’en rapprochent.
Étape 3 : ASI — l’hypothèse de la superintelligence
L’ASI (Artificial Superintelligence) représenterait une forme d’intelligence bien supérieure à la nôtre.
Elle aurait :
- une capacité de raisonnement ultra-rapide,
- une compréhension fine de la psychologie humaine,
- une puissance d’analyse dépassant toutes les intelligences humaines combinées.
Selon Nick Bostrom, une ASI serait la dernière invention dont l’humanité aurait besoin… car elle surpasserait ensuite toute innovation humaine.
Le risque ASI : perdre le contrôle
L’ASI, si elle émerge un jour, pourrait :
- développer ses propres objectifs sans alignement avec les nôtres,
- agir plus vite que nous ne pouvons la comprendre,
- perturber l’économie, la politique, la science, la culture.
Le danger n’est pas une IA malveillante… mais une IA indifférente, poursuivant ses buts sans prendre en compte les conséquences humaines.
Ce scénario alimente les récits de science-fiction (Matrix, Terminator), mais il est aussi sérieusement étudié par des chercheurs en sécurité de l’IA.
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L’IA de Google et le prix Nobel ?
En 2024, une équipe de Google DeepMind a été associée à des travaux ayant permis d’accélérer des découvertes scientifiques (notamment en biologie ou chimie quantique).
L’outil AlphaFold a ainsi révolutionné la prédiction des structures de protéines.
AlphaFold est une intelligence artificielle capable de prédire la structure tridimensionnelle des protéines à partir de leur séquence d’acides aminés.
Sa précision est telle qu’elle rivalise désormais avec les méthodes expérimentales traditionnelles, parfois bien plus coûteuses et longues.
Cette prouesse a été saluée dans le monde entier, et marque l’un des premiers exemples concrets où l’IA ne se contente pas d’assister la recherche, mais devient un moteur direct de découverte scientifique.
Bien que l’IA elle-même ne puisse pas recevoir un prix Nobel, ses créateurs peuvent l’être.
Cela montre bien que l’intelligence artificielle commence déjà à impacter le cœur de la recherche scientifique humaine.
Et maintenant ?
Le chemin vers l’AGI (et plus tard l’ASI) est semé d’incertitudes.
Mais il est déjà amorcé. Et il ne sera pas purement technologique : il sera éthique, politique, philosophique.
Faut-il ralentir ?
Faut-il accélérer, mais avec des garde-fous ?
Peut-on aligner une intelligence plus puissante que nous à nos valeurs humaines ?
Ce sont les vraies questions que soulèvera cette nouvelle ère de l’intelligence.
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